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May 14, 2017 | History

Jean Giraudoux

1882 - 1944

Jean Giraudoux est né le 29 octobre 1882 à Bellac, aux confins de la Marche et du Limousin. Il était le fils d'Anne Lacoste et de Léon Giraudoux, alors conducteur des Ponts et Chaussées, qui devait être nommé, en 1889, percepteur à Pellevoisin.
Le jeune Giraudoux fréquenta d'abord le collège de Cérilly, puis l'école publique de Pellevoisin avant d'être envoyé en 1893, comme boursier et interne, au lycée de Châteauroux, où il fit d'excellentes études secondaires. Toujours premier en tout et brillant élève, il prépare au lycée Lakanal, à Sceaux, le concours d'entrée à l'École normale supérieure. Reçu premier, il passera trois ans à perfectionner une culture d'élite qu'il saura, plus tard, avec bonheur, tourner vers le réel en l'appréhendant par le truchement de cet humanisme universel seul capable de faire siens les événements les plus récents.
Si Giraudoux fut le parfait normalien durant son séjour rue d'Ulm, il n'envisageait point avec joie de devenir professeur. En visitant l'Allemagne comme boursier d'agrégation, il trouve à Munich l'occasion d'être le précepteur de Paul Morand, de six ans plus jeune que lui, et le correspondant du Figaro, grâce aux bons soins de l'actrice Wanda de Boncza. Il donne quelques leçons de français au prince de Saxe-Meinigen, puis parcourt la Scandinavie, l'Autriche, l'Italie et les Balkans en amateur de voyages. Entretemps, il confie à un ami un petit conte fantastique pour la revue Marseille-Etudiant, paru en 1904 sous le titre le Dernier Rêve d'Edmond About, puis en librairie sous celui de Premier Rêve signé.
Dédaignant à dessein l'agrégation d'allemand, il part pour l'Amérique, en 1907, comme lecteur de français à l'université Harvard, après avoir laissé à un ami la Pharmacienne, signée du pseudonyme Jean-Emmanuel Manière. Cette nouvelle parut, quelque peu modifiée, dans une revue de l'époque.
Incarnation même d'un héros de Valéry Larbaud, Giraudoux mène grande vie en Amérique. Il visite le Canada et séjourne quelque temps à l'île de Madère.
A son retour d'Amérique, il fréquente le quartier Latin, ses cafés et ses brasseries : le Vachette, le d'Harcourt, le Cluny et parfois, plus loin, au bout de Montparnasse, la Closerie des Lilas, où il retrouve J.-P. Toulet et Curnonsky, entre bien d'autres. Il publie, dans maintes revues, des nouvelles, qu'il réunit en volume chez Grasset {Provinciales, 1909). Le livre est remarqué par André Gide, qui lui consacre dans ses Nouveaux Prétextes tout un chapitre.
Manquant alors d'argent — la littérature n'était pour lui que d'un maigre rapport — Giraudoux songe un instant à se lancer dans les affaires et finit par entrer comme secrétaire de Maurice Bunau-Varilla au Matin, où il publie des contes qui paraîtront en volume chez Gallimard (1952) sous le titre Contes d'un matin. Mais le journalisme le laisse insatisfait. Un beau jour, il découvre chez Paul Morand, devenu son ami, des manuels de politique étrangère, et, intéressé par eux, il se présente au grand concours des Affaires étrangères, mais il doit céder le pas à deux fils d'ambassadeurs. Quelques mois plus tard, il est reçu premier au petit concours des élèves vice-consuls et reprend, cette fois avec la valise diplomatique, ses pérégrinations à travers le monde, jusqu'en Russie et en Turquie.
Bientôt c'est la guerre : mobilisé en Alsace comme sergent d'infanterie, il transforme le genre carnet de route en de véritables poèmes en prose, qui seront édités, en 1917, sous le titre si évocateur de Lectures pour une ombre.
La guerre, Jean Giraudoux la fait aussi excellemment qu'il fit ses études. Il fut, en effet, le premier écrivain français à être nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. Cité trois fois à l'ordre de l'armée et du régiment, blessé «dans l'Aisne à l'aine » — ce cruel jeu de mots est de lui —, il est encore blessé aux Dardanelles, rapatrié, et après être allé d'hôpital en dépôt et de dépôt en hôpital, il est affecté par Philippe Berthelot à une mission d'officiers français au Portugal.
En 1918 paraît son premier roman quelque peu autobiographique, Simon le Pathétique. Il épouse Mme Suzanne Bolland, qui lui donne un fils l'année suivante, Jean-Pierre Giraudoux.
De la guerre Jean Giraudoux a tiré, outre Lectures pour une ombre, deux livres originaux, Adorable Clio et Arnica America, tout en s'amusant avec Elpénor à d'espiègles variations, en marge de l'Odyssée.
Secrétaire d'ambassade en 1919, il est nommé par Philippe Berthelot au Service des œuvres françaises à l'étranger.
Arrivé à maturité, Giraudoux revit ses souvenirs d'enfance et de voyages dans Suzanne et le Pacifique et Siegfried et le Limousin. Avec Juliette au pays des hommes; en 1924, il va à la recherche de sa jeunesse perdue et rencontre avec la Prière sur la tour Eiffel le surréalisme, dont il a toujours eu la tournure d'esprit sans avoir l'esprit de parti et d'exclusive qui caractérise ce mouvement politico-littéraire.
Ses occupations de fonctionnaire le mêlent à la rivalité qui oppose Philippe Berthelot à Raymond Poincaré. Jean Giraudoux prend fait et cause pour son protecteur et se venge de la disgrâce infligée à Berthelot par Poincaré en écrivant Bella. Le livre fit du bruit en son temps et valut à son auteur, de la part de Raymond Poincaré, une retraite dans un service annexe du ministère des Affaires étrangères.
Désormais l'histoire de la vie de Jean Giraudoux est l'histoire de ses œuvres qui, par leur bonheur même, furent sans histoire : en 1927 paraissent Églantine et la Première Disparition de Jérôme Bardini ; l'année 1928 voit la consécration de Jean Giraudoux comme auteur dramatique avec le, triomphal succès de Siegfried, pièce tirée après de nombreuses moutures de Siegfried et le Limousin. Louis Jouvet, qu'il connut grâce à l'entremise de Bernard Zimmer, devint rapidement pour lui un collaborateur de tous les instants, d'abord à la Comédie des Champs-Elysées avec Amphitryon 38, Intermezzo, et entre-temps avec Judith au Théâtre Pigalle ; puis à l'Athénée avec Tessa, La guerre de Troie n'aura pas lieu, Supplément au voyage de Cook, Electre, l'Impromptu de Paris, et à la Comédie-Française avec Cantique des Cantiques. En 1939, c'est à l'Athénée qu'est représentée Ondine, une féerie dramatique inspirée à Giraudoux par un conte de La Motte-Fouqué, auteur allemand, qu'il avait eu autrefois à expliquer pour son diplôme d'études supérieures.
Malgré ses succès dramatiques, Giraudoux n'en délaisse pas pour autant son œuvre romanesque : les Aventures de Jérôme Bardini, Combat avec l'ange, Choix des élues sont des œuvres aussi déroutantes que riches des replis d'une vie qui transmue en or le vil métal de l'existence quotidienne et ses mesquineries pour en faire des héroïnes translucides comme sont Bella, Églantine, Electre, Agathe, Hélène, Tessa, Ondine, Suzanne, Juliette, Maléna, Edmée et sa fille Claudie.
L'écrivain jamais ne troubla le haut fonctionnaire nommé en 1934 inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires avec rang de ministre plénipotentiaire. L'inspecteur faisait le tour du monde, le conférencier charmait le public des Annales avec les Cinq Tentations de La Fontaine, la Française et la France et Pleins Pouvoirs.
Au début de la guerre de 1939, Giraudoux consacre toute son activité au Commissariat général à l'Information. Après l'exode, il quitte la vie publique et se retire à Cusset avant de faire la navette entre Paris et Vichy. Il publie Littérature, acte de foi en la France éternelle et en ses chefs-d'œuvre, à une période critique où le caractère inactuel des propos n'en est que plus émouvant.
En 1942, il s'intéresse au cinéma et devient conseiller littéraire chez Gaumont, adapte la Duchesse de Langeais et écrit le Film de Béthanie d'après un scénario fait en collaboration avec le dominicain R.-L. Bruckberger et Robert Bresson.
En 1943, Jacques Hébertot présente Sodome et Gomorrhe, mise en scène par Douking. Le 31 janvier 1944, Jean Giraudoux succombait des suites d'un brusque et mystérieux empoisonnement organique, à l'hôtel de Castille, tandis que Louis Jouvet représentait en tournée en Amérique du Sud l'Apollon de Marsac, un des ultimes messages de cet auteur protéiforme qui donna un style — et quel style ! — à notre époque.
Maurice Mercier

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